Les critiques contre l’arbitrage se sont intensifiées en Espagne, et le Real Madrid en est l’un des principaux acteurs depuis l’arrivée de José Mourinho. Au-delà de sa guerre froide contre la Liga et son président Javier Tebas, le club mène une campagne de communication pour exprimer sa frustration envers les arbitres espagnols. Le Clásico Barça-Real, dont l’arbitre sera Juan Martínez Munuera, se jouera dans ce climat tendu.
Ce match intervient à la fin du mois d’octobre, alors que la pression autour de l’arbitrage est forte. « C’est habituel, mais ce qui n’est pas normal, c’est que ça arrive aussi tôt dans la saison », décrypte Eduardo Iturralde, ancien arbitre espagnol. « Ce n’est que la 10e journée, et il y a déjà des critiques contre l’arbitrage depuis la 6e journée. »
Mourinho en conférence de presse
Si les critiques ne se limitent pas à un seul club, les plaintes répétées du Real Madrid occupent une place importante. Outre Real Madrid TV, l’entraîneur José Mourinho ne mâche pas ses mots. Après le derby madrilène, il s’est présenté en conférence de presse avec des photos de « fautes évidentes » imprimées sur une feuille. Le technicien portugais n’est ensuite pas venu devant les médias après la rencontre face à Villarreal.
Il n’hésite pas non plus à évoquer l’affaire Negreira. L’ancien vice-président des arbitres est sous enquête, et la justice cherche à comprendre les paiements du FC Barcelone en direction de sociétés liées à José María Enríquez Negreira, de 2001 à 2018. « Il faut comprendre que le cas Negreira est ressorti au grand jour. Quand le Barça et le Real avaient le projet de Super League ensemble, ils n’en parlaient plus. Maintenant, le Real s’en plaint à nouveau », analyse Eduardo Iturralde.
Une fixette « psychologique »
Lorsque les journalistes entrent en conférence de presse à Valdebebas, les écrans affichent presque systématiquement Real Madrid TV. Les médias sont ainsi régulièrement confrontés à des compilations à charge contre les arbitres, élaborées par la chaîne de communication du club.
Pour Eduardo Iturralde, cette attitude relève d’une fixette « psychologique ». « C’est comme quelqu’un qui croit que tout le monde est contre sa famille. La famille dîne ensemble et tout le monde ne parle que du fait que tout le monde est contre eux. Ce que tu fais, c’est que tu conditionnes la famille à un discours qui est faux », développe l’ancien arbitre de Liga.
De l’autre côté, les joueurs barcelonais tentent d’ignorer les plaintes madrilènes. « Nous sommes désormais habitués à ce genre de commentaires », soupire Gavi au micro de RMC Sport et DAZN. « Cela ne nous importe pas vraiment. »
« Nous essayons de ne pas trop y prêter attention. Finalement, l’arbitre va entrer sur le terrain pour faire son travail du mieux possible », confie Pau Cubarsi. « Nous devons nous concentrer sur notre propre travail. Tout cela ne dépend pas de nous. »
Côté madrilène, les plaintes sur l’arbitrage s’ajoutent à la guerre froide menée contre la Liga et Javier Tebas. Les Merengues devront avant tout être performants sur le terrain lors du Clásico, sous peine de prendre 9 points de retard sur le Barça en cas de défaite.

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