L'interdiction de la paradinha et l'évolution du football au Brésil : International Brésil

L’interdiction de la paradinha et l’évolution du football au Brésil : International Brésil

Le « Joga Bonito » sous pression : la CBF crée une controverse autour de Depay

La polémique enfle au Brésil après que Memphis Depay ait amusé le public lors de la finale du championnat de São Paulo en s’adonnant à un geste technique controversé. Le 27 mars, le Corinthians a battu Palmeiras (1-0, 0-0), mais c’est l’attitude provocatrice de l’ailier néerlandais qui a retenu l’attention. En effet, alors qu’il montait sur le ballon pour chambrer un défenseur adverse, cela a déclenché une bagarre générale entraînant deux expulsions et même une interruption du match.

Face à cette scène chaotique, la Fédération brésilienne (CBF) n’a pas tardé à réagir en introduisant ce qui est désormais connu comme la « règle Depay ». À partir du 4 avril, tout joueur effectuant ce geste se verra sanctionné par un carton jaune et un coup franc indirect. Un communiqué officiel précise que ce comportement spécifique perturbe le jeu et nuit à l’image du football.

Les joueurs qui ont forcé la fifa à réécrire les règles

Une décision contestée

Franklin Ferreira de Melo, entraîneur et fervent défenseur du Joga Bonito, s’insurge contre cette nouvelle règle : « On a vraiment créé une règle pour ça ? Ça a été inventé ? » Il souligne que des gestes comme celui de Depay devraient être célébrés plutôt que punis. Ce dernier lui-même défend son approche artistique : « Je suis allé au Brésil pour expérimenter le Joga Bonito… La joie et la passion dans notre manière d’exprimer sur le terrain ne devraient pas être limitées. Qui décide de l’avenir de ce beau pays de football ? »

Ferreira remet également en question les conséquences potentielles pour les jeunes talents brésiliens : « Ça n’empêchera pas mes jeunes joueurs d’avoir de la créativité non. Pour nos jeunes, ce genre de geste fait voyager. Le football, c’est ce qui fait le foot. »

Un symbole d’un football en crise

Cette controverse autour d’un simple geste technique illustre une réalité plus profonde concernant le football brésilien aujourd’hui. Franklin Ferreira souligne que les gestes techniques ont façonné l’identité du sport au Brésil : « Si Garrincha avait joué aujourd’hui, à quoi aurait-il ressemblé ? À un scooter ? » Depuis 2002 et leur dernier sacre mondial, la Seleção peine à retrouver son éclat passé avec quatre éliminations en quarts lors des cinq dernières Coupes du monde.

Les performances récentes des hommes dirigés par Dorival Júnior sont également préoccupantes ; ils pointent actuellement quatrième des qualifications pour la Coupe du monde 2026, avec seulement dix longueurs derrière l’Argentine après leur défaite cuisante (4-1). Les talents offensifs tels que Rodrygo ou Vinicius Junior semblent incapables d’évoquer la magie qui faisait autrefois vibrer les foules.

Ronaldinho lui-même n’a pas caché sa déception face aux performances actuelles : « C’est peut-être l’une des pires équipes… Manque d’amour pour le maillot… manque de cran et surtout… manque de football. »

Au final, alors que la CBF impose ses règlements rigides, on peut se demander si cela n’ira pas à l’encontre même de ce qui fait vibrer les supporters brésiliens : cet esprit créatif unique qui transcende les simples règles établies sur papier.

Written by Jérome Zenou

Journaliste sportif avec un faible assumé pour les tribunes du Parc des Princes, je vis et respire football. Entre analyses tactiques et frissons de dernière minute, je décrypte chaque match comme un roman haletant. Fidèle supporter du PSG, je garde pourtant l’œil objectif pour raconter le football dans toute sa vérité, des terrains boueux de district aux lumières de la Ligue des champions.

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