Le Tribunal arbitral du sport (TAS) n’a pas rendu au Sénégal son titre de champion d’Afrique. Le document qui circule sur les réseaux sociaux depuis le mercredi 14 octobre, présenté comme la décision finale dans le dossier Sénégal-Maroc, est un faux, et aucune sentence n’a été publiée à ce jour. Le litige porte sur la finale de la CAN 2025, et le Maroc reste, pour l’instant, officiellement champion d’Afrique.
Un faux communiqué aux erreurs visibles
Le texte reprend le logo du TAS, un tampon et une signature attribuée à l’institution. Il affirme qu’après « examen approfondi du dossier », le Sénégal remplit « toutes les conditions sportives, réglementaires et éthiques » et doit être reconnu comme détenteur officiel du titre. Il se termine par des félicitations adressées à l’équipe, au staff et au peuple sénégalais.
Plusieurs erreurs trahissent le montage. Le document évoque une « CAN 2026 », alors que le litige porte sur la CAN 2025. Il attribue par ailleurs à Matthieu Reeb, directeur général du TAS, une fonction qui n’est pas la sienne. Enfin, il tient en quelques lignes, sans aucune motivation juridique, alors qu’une véritable sentence arbitrale s’étend sur des dizaines de pages. Le TAS publie ses décisions sur son site officiel, accompagnées d’un communiqué de presse.
Maroc-sénégal: comment le tas va prendre sa décision ?
Le scénario rappelle un épisode antérieur. En juillet, un premier faux, comportant un numéro de procédure inventé (CAS 2026/A/10857), avait conduit l’instance à démentir toute décision en faveur du Sénégal. Le recours sénégalais porte, lui, le numéro CAS 2026/A/12295.
Une procédure en attente de délibéré
L’audience s’est tenue le 8 octobre à Lausanne, à huis clos, de 9 h 30 à 15 h environ. La formation arbitrale est présidée par le Français Gérald Simon. Elle comprend également l’Italien Luigi Fumagalli, désigné par la Fédération royale marocaine, et l’Allemand Ulrich Haas, choisi par la Fédération sénégalaise. Les deux fédérations et la CAF ont plaidé, puis l’affaire a été mise en délibéré.
Aucune date de sentence n’a été annoncée. Une fenêtre comprise entre le 18 et le 22 octobre circule, sans la moindre confirmation du TAS.
Retour sur la finale et les décisions de la CAF
Le 18 janvier 2026 à Rabat, le Sénégal bat le Maroc 1-0 après prolongation. Le temps réglementaire se termine dans la confusion : un but sénégalais est refusé à la 92e minute, un penalty est accordé au Maroc à la 98e, puis les joueurs et le staff sénégalais regagnent les vestiaires. La rencontre reste interrompue près d’un quart d’heure. Le Maroc rate son penalty, et le Sénégal marque en prolongation.
Le 28 janvier, le jury disciplinaire de la CAF rejette la réclamation marocaine. La Fédération sénégalaise renonce alors à faire appel des sanctions disciplinaires qui la visent après la finale. Le 17 mars, le jury d’appel renverse la situation : il déclare le Sénégal forfait en vertu des articles 82 et 84 du règlement de la CAN et homologue un score de 3-0 pour le Maroc.
Le Sénégal saisit le TAS le 25 mars. Il demande l’annulation de cette décision ainsi que la reconnaissance de sa victoire 1-0 obtenue sur le terrain. Ce recours n’étant pas suspensif, le Maroc reste officiellement champion d’Afrique tant que la sentence n’est pas tombée.
Chaque faux verdict trouve preneur, à Dakar comme à Rabat, parce que l’attente pèse sur les deux camps. Les Lions de la Teranga, menés par Pape Thiaw le soir de la finale et désormais dirigés par Patrick Vieira, n’ont qu’un document à guetter : celui que le TAS mettra lui-même en ligne.

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