Le champion du monde 1998 a publié une vidéo de près de quatre minutes sur Instagram au lendemain des pillages du 17 octobre. Il y vise les casseurs, avec qui il dit avoir envie de « se friter », mais aussi toute la classe politique, et termine par un « cassez-vous » adressé à ceux qui sont nés avec un passeport français.
- Emmanuel Petit s'exprime violemment contre les casseurs et critique la classe politique française.
- Il dénonce un déclin moral et identitaire, notamment en accusant certains Français de mépriser leur pays.
- Il demande aux véritables citoyens de quitter la France, rejetant ceux qui ne veulent pas l'avenir du pays.
- Il met en garde contre l'inaction politique face à la crise sociale et économique.
Ce dimanche 18 octobre, au lendemain d’une journée de mobilisation contre la vie chère qui a dégénéré en pillages dans plusieurs villes, Emmanuel Petit a mis en ligne une vidéo de 3 minutes 42 secondes sur son compte Instagram. L’auteur du troisième but de la finale de 1998 contre le Brésil, aujourd’hui consultant pour RMC, s’y filme seul, face caméra. Il prévient d’entrée, selon le JDD, qu’il n’a « pas pour habitude de [s’exprimer] publiquement sur ce qui se passe dans notre pays ». Le JDD a aussi relevé la légende de la publication : « Entre les casseurs et le gouvernement, difficile de choisir son camp… quand aucun des deux ne nous inspire confiance. »
Ses premières pensées vont aux victimes : les forces de l’ordre, et ceux qui ont perdu leur travail et des années de labeur, qu’ils soient Français ou immigrés venus s’intégrer. Son verdict tient en une phrase : « Je trouve que c’est un pur scandale. »
Emmanuel petit explose contre les casseurs : il dit les termes !
Emmanuel Petit veut « se friter » avec les casseurs du 17 octobre
La colère monte vite. « Aujourd’hui, j’ai envie de descendre dans la rue et de me friter avec tous ces petits cons, parce qu’il n’y a pas d’autres mots », lâche l’ancien milieu d’Arsenal. Il dit reconnaître le même mode opératoire que lors des débordements qui ont suivi les finales de Ligue des champions du PSG (des émeutiers cagoulés, « parce que la lâcheté, c’est ce qui les unit »), puis déroule l’inventaire : « On détruit tout, on brûle tout, on casse tout, on pille, on vole, on blesse, on agresse, on insulte. » Ce qui le révolte le plus, c’est l’identité de ceux qu’il accuse : « J’ai une colère profonde au fond de moi sur des gens qui sont censés être comme moi, nés français, mais apparemment, ils s’en branlent complètement d’avoir le passeport français, je suis même persuadé qu’ils détestent la France. »
Impôts, police, hôpitaux : Emmanuel Petit charge Macron et les politiques
Les manifestants, eux, sont mis à part. Emmanuel Petit dit partager leur ras-le-bol fiscal : « Il ne faut pas mélanger les gens qui ont manifesté hier, et je les comprends fortement parce que moi aussi, j’en ai plus que marre d’être pressé comme un citron sur le plan fiscal. »
Une large partie de la vidéo vise Emmanuel Macron, les parlementaires et tous les partis qui se battent, dit-il, pour « le pouvoir absolu » à quelques mois de la présidentielle. D’abord un avertissement : « Faites très attention à ce que vous allez faire, à ce que vous allez dire et comment vous allez protéger les honnêtes citoyens en France. » Puis le réquisitoire : « Il n’y a pas d’argent pour la police, il n’y a pas d’argent pour l’armée, il n’y a pas d’argent pour les hôpitaux, il n’y a pas d’argent pour les écoles, il n’y a de l’argent pour personne, sauf pour vous, les politiciens. » Et cette pique : « Bizarrement, la seule chose qui marche en France, ce sont les impôts. » Reste une question, posée sous deux formes : « Mais où êtes-vous ? Qu’est-ce que vous faites ? »
« Cassez-vous ! » : la phrase d’Emmanuel Petit qui fait tiquer la presse sportive
Le passage le plus dur arrive avec ce message : « J’adore mon pays, j’adore tous les étrangers qui adorent mon pays, qui veulent s’intégrer. Mais tous les autres, à commencer par les Français qui ne souhaitent pas justement que la France continue à être ce qu’elle est, retournez d’où vous venez, on n’a pas besoin de vous. Et tous ceux qui sont nés avec un passeport français, cassez-vous ! On ne veut plus de vous. » Dans le même passage, d’après Causeur, il décrit la France comme « un superbe pays qui ouvre ses portes à bras ouverts à toutes les personnes qui souhaitent venir ici ».
La sortie passe mal dans la presse sportive. Toujours selon Causeur, L’Équipe parle d’un « long discours débridé », et So Foot écrit, à propos de la fin de la vidéo, chercher « encore et toujours le rapport avec les faits évoqués ».
Mbappé, Thierry Henry : Emmanuel Petit n’en est pas à sa première sortie
Le « pas pour habitude » du début est à nuancer. En octobre 2024, dans le Podcast des légendes, Emmanuel Petit s’agaçait déjà du militantisme de Kylian Mbappé : « Je trouve qu’il y a une certaine indécence de la part beaucoup de gens à toujours donner leurs aspirations, politiques, spirituelles, religieuses. Mais on s’en fout, quoi ! (…) les gens ne comprennent pas ces mecs qui croulent sous les millions. » En 2014, pour défendre Thierry Henry, il avait lâché qu' »en ayant été envahis par les Allemands, on serait mieux dirigés aujourd’hui », avant de s’excuser dès le lendemain. Et en 2015, il confiait au JDD croire en l’équipe de France « Black-Blanc-Beur » et en avoir « marre de tous ceux qui la dénigrent ».
Côté pouvoir, la réponse est venue dimanche soir : Emmanuel Macron a promis que les auteurs des violences devraient rembourser les dégâts, rapporte Entrevue (qui note que la portée juridique de l’annonce soulève encore des questions).

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