Dans le Gard, une prolifération inhabituelle de moustiques oblige les habitants à renoncer à certaines activités en extérieur depuis plusieurs jours. Jeudi 15 octobre à Nîmes, une équipe de jeunes footballeuses âgées de 14 à 15 ans a dû quitter le terrain à cause des insectes, selon Midi Libre.
Venues s’entraîner, les joueuses ont vu leur séance tourner rapidement au cauchemar. « Ça a été surréaliste ! Dès notre arrivée sur le terrain, les filles ont toutes été véritablement prises d’assaut par des moustiques », raconte leur entraîneur, Sofien. Face aux piqûres incessantes, il a interrompu la séance en urgence, une situation inédite pour lui.
Les footballeuses ne sont pas les seules concernées. À Vauvert, commune située à quelques kilomètres de Nîmes, Nathalie, mère de famille, a dû abandonner précipitamment son dîner dans le jardin, ce soir-là, à cause des moustiques. « Il a fallu qu’on se barricade à l’intérieur de toute urgence », témoigne-t-elle.
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Des vignerons affirment également n’avoir « jamais vu ça » en trente ans de métier. Un viticulteur a dû faire quitter son poste à un caviste, les moustiques étant très nombreux, y compris à l’intérieur de la boutique. Il envisage de suspendre certaines activités afin de protéger ses salariés. La situation est telle que la réserve naturelle du Petit Rhône, à Vauvert, a annoncé sa fermeture jusqu’à nouvel ordre.
Des éclosions massives liées aux pluies
Selon l’EID Méditerranée, organisme chargé de la démoustication, les fortes pluies enregistrées depuis le 30 septembre, associées aux vents marins, ont provoqué une montée des eaux dans les zones humides. Il en résulte des éclosions massives, avec parfois plusieurs milliers de larves par mètre carré.
Au total, près de 2 200 hectares du sud du Gard sont concernés. Malgré plusieurs traitements aériens et terrestres réalisés au début du mois d’octobre, tous les moustiques n’ont pas pu être tués. L’EID se veut toutefois rassurante : le phénomène devrait progressivement s’atténuer avec la disparition naturelle des insectes adultes, à condition que de nouvelles pluies ne provoquent pas une nouvelle vague d’éclosions.
Des moustiques encore actifs en octobre
On pensait les moustiques disparus avec la fin de l’été, mais ils peuvent encore sévir en plein mois d’octobre. Contrairement aux idées reçues, ces insectes ne meurent pas tous à l’arrivée de l’automne. Leur activité dépend surtout des températures : tant qu’elles restent suffisamment douces, ils peuvent continuer à se reproduire.
Après l’accouplement, les femelles de nombreuses espèces ont besoin de sang pour développer leurs œufs, qu’elles pondent ensuite dans l’eau ou à proximité. Les larves s’y développent avant de devenir adultes. Avec l’arrivée du froid, leur activité ralentit progressivement, et certaines espèces peuvent survivre à l’hiver sous forme d’œufs, de larves ou d’adultes, avant de réapparaître au printemps.

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