Le procès des anciens dirigeants de la Fédération algérienne de football (FAF) s’est poursuivi au tribunal de Sidi M’hamed, lors de son troisième jour d’audience. Entendu sur plusieurs volets sensibles, notamment les contrats avec Adidas et Concorde Voyages, l’ancien président Kheireddine Zetchi a répondu aux questions, tandis que le parquet a requis de lourdes peines contre plusieurs prévenus.
- Le procès des anciens dirigeants de la FAF continue, avec des réquisitions de lourdes peines.
- Le président Zetchi justifie les contrats avec Adidas et Concorde Voyages par l'absence d'alternatives en Algérie.
- Il affirme que le partenariat avec Adidas concernait un échange d’équipements, non un paiement direct.
- Les audiences reprennent dimanche, les prévenus sont présumés innocents jusqu'à verdict définitif.
À la barre, l’ancien président de la FAF a détaillé le fonctionnement administratif et financier de l’instance durant son mandat. Interrogé sur les dépenses engagées, il a expliqué que chaque opération suivait une procédure impliquant plusieurs responsables avant d’arriver à sa signature. « Nous avions 120 employés à la Fédération. Avant ma signature, il y a toute une procédure », a-t-il affirmé, en décrivant les mécanismes de contrôle interne.
Zetchi défend les contrats Adidas et Concorde Voyages
Questionné sur le recours à l’agence tunisienne Concorde Voyages sans appel d’offres, Zetchi a justifié ce choix par l’absence, selon lui, d’une prestation équivalente en Algérie. « Faire un appel d’offres à qui ? Cette prestation n’existe pas en Algérie », a-t-il répondu.
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Le dossier Adidas a également occupé une place importante dans son audition. L’ancien dirigeant a expliqué les raisons du choix de l’équipementier allemand, ainsi que les négociations ayant permis d’augmenter la valeur du partenariat. Il a surtout insisté sur la nature du contrat, précisant qu’il s’agissait d’un accord en nature et non d’un versement d’argent, en contrepartie d’équipements destinés aux équipes nationales.
La période du Covid-19 et certaines dépenses de fonctionnement ont également été abordées. Zetchi a soutenu que l’activité de la Fédération s’était poursuivie malgré les restrictions, notamment à travers les rencontres des sélections nationales et des équipes de jeunes. Concernant le contrat de location d’un appartement, il a simplement répondu : « J’assume. »
Le dossier Labdi au cœur des débats
L’audience a aussi porté sur la rémunération d’Amine Labdi, ancien manager de la sélection nationale. Charef-Eddine Amara a expliqué avoir décidé de lui accorder un salaire, estimant que ses compétences justifiaient cette décision et que le poste existait déjà. Zetchi a rappelé que le contrat initial de Labdi n’avait pas d’incidence financière.
En fin d’audience, le procureur a requis dix ans de prison et cinq millions de dinars d’amende pour certains prévenus, et sept ans de prison assortis de la même amende pour les autres concernés par ces réquisitions. La partie civile a également réclamé un dédommagement.
La séance a été levée. Les plaidoiries des avocats doivent reprendre dimanche, avant la suite de la procédure judiciaire. Les réquisitions ne constituent pas une condamnation : les prévenus restent présumés innocents jusqu’à une décision définitive de justice.

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